
L’EFSA met à jour l’évaluation des risques liés aux RFB dans les aliments : implications pour les matériaux en plastique recyclé destinés au contact alimentaire
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MISE À JOUR RÉGLEMENTAIRE | MATÉRIAUX AU CONTACT DES DENRÉES ALIMENTAIRES
Le 27 juillet 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un avis scientifique actualisé sur 27 retardateurs de flamme bromés (BFR) émergents et nouveaux présents dans les denrées alimentaires, intégrant les informations toxicologiques, relatives à la présence dans les aliments et à l’exposition humaine recueillies depuis sa précédente évaluation en 2012. L’EFSA a identifié des préoccupations génotoxiques, cancérogènes, neurotoxiques, ainsi que des préoccupations liées à la toxicité pour la reproduction ou le développement concernant plusieurs BFR, mais d’importantes lacunes dans les données ont empêché une caractérisation robuste des risques pour la plupart des substances évaluées.
L’avis examine également les matériaux au contact des denrées alimentaires et les ustensiles de cuisine fabriqués à partir de plastiques recyclés en tant que source potentielle d’exposition. Bien que l’EFSA ait estimé que cette contribution était probablement mineure par rapport aux incertitudes plus générales, cette conclusion souligne l’importance de contrôler les intrants plastiques, de séparer les flux de déchets et d’évaluer la contamination chimique. Cet avis scientifique n’établit pas, à lui seul, une nouvelle interdiction de l’UE, une limite de migration ou une obligation d’essai pour les matériaux en plastique recyclé destinés au contact des denrées alimentaires.
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Quelles conclusions l’EFSA a-t-elle tirées concernant les 27 BFR ?
Les retardateurs de flamme bromés sont utilisés pour réduire l’inflammabilité des matériaux présents dans les équipements électriques et électroniques, les plastiques, les textiles et d’autres produits de consommation. Certains BFR sont persistants et bioaccumulables et peuvent pénétrer dans l’organisme humain par l’intermédiaire des denrées alimentaires, de la poussière et d’autres voies d’exposition environnementale.
Le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire est parvenu aux principales conclusions suivantes :
Le phosphate de tris(2,3-dibromopropyle) (TDBPP, CAS 126-72-7), le dibromonéopentyl glycol (DBNPG, CAS 3296-90-0) et l’alcool tribromonéopentylique (TBNPA, CAS 1522-92-5) ont été considérés comme génotoxiques et cancérogènes.
Le 4-(1,2-dibromoéthyl)-1,2-dibromocyclohexane (DBE-DBCH) a été considéré comme génotoxique, sur la base de résultats positifs de mutagénicité in vitro obtenus sur des cellules de mammifères.
Des effets toxiques sur la reproduction ou le développement et/ou des effets neurotoxiques ou neurodéveloppementaux ont été rapportés pour le DBNPG, le tétrabromophtalate de bis(2-éthylhexyle) (BEH-TEBP), le 2-éthylhexyl 2,3,4,5-tétrabromobenzoate (EH-TBB), l’éthane décabromodiphénylique (DBDPE) et le TDBP-TAZTO.
Des points de référence ont pu être identifiés pour six substances, mais l’EFSA n’a pas pu établir de valeur indicative fondée sur la santé pour l’un quelconque des 27 BFR.
Des données de présence ont été transmises à l’EFSA pour seulement huit substances. Les données quantitatives étant insuffisantes pour plusieurs d’entre elles, l’exposition alimentaire fondée sur les données de présence soumises n’a pu être estimée que pour le BTBPE et le HBB. La caractérisation des risques n’a pas pu être achevée pour ces deux substances, car des points de référence appropriés n’étaient pas disponibles.
À l’aide d’estimations limitées de l’exposition alimentaire rapportées dans la littérature scientifique, l’EFSA a pu réaliser une caractérisation des risques pour le BEH-TEBP, l’EH-TBB et le DBDPE. Le groupe scientifique a conclu que l’exposition alimentaire actuelle ne soulevait pas de préoccupation sanitaire pour les effets et les scénarios d’exposition évalués. Cette conclusion ne doit pas être étendue aux autres BFR, pour lesquels les données relatives aux dangers, à la présence dans les aliments ou à l’exposition demeurent insuffisantes.
L’EFSA a recommandé de recueillir des données supplémentaires sur la présence dans les aliments, des données de biosurveillance, des informations sur la génotoxicité et des études toxicologiques. Elle a également demandé un meilleur accès aux données des études originales.
Pourquoi les matériaux en plastique recyclé destinés au contact des denrées alimentaires sont-ils pertinents ?
L’EFSA a cité une étude de 2024 ayant analysé 203 produits de consommation achetés aux États-Unis, notamment des produits destinés au service des aliments et des ustensiles de cuisine fabriqués à partir de plastiques recyclés. Environ 15% des articles au contact des denrées alimentaires testés contenaient des BFR.
Les chercheurs ont suggéré que les substances avaient pu pénétrer dans les matériaux recyclés par contamination des flux de recyclage par des plastiques issus de déchets électroniques ou par d’autres plastiques initialement fabriqués avec des retardateurs de flamme.
L’étude ne démontre pas que 15% des matériaux en plastique recyclé destinés au contact des denrées alimentaires présents sur le marché de l’UE contiennent des BFR, pas plus que la seule détection n’établit une migration dans les aliments ou une non-conformité réglementaire. Elle illustre néanmoins une voie pratique de contamination à laquelle les recycleurs et les fournisseurs de matériaux au contact des denrées alimentaires devraient remédier.
Les BFR n’ont généralement aucune fonction prévue dans les matériaux au contact des denrées alimentaires. Leur présence peut indiquer que des déchets électriques et électroniques, des plastiques automobiles, des plastiques techniques ignifugés ou d’autres flux de déchets inadaptés ont été introduits dans des matériaux destinés au recyclage pour le contact alimentaire.
Que signifie cet avis au regard des règles de l’UE relatives aux matériaux au contact des denrées alimentaires en plastique recyclé ?
L’avis de l’EFSA ne modifie pas le règlement (UE) 2022/1616 de la Commission, qui régit les matériaux et objets en plastique recyclé destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires.
En vertu du règlement, le plastique recyclé doit être fabriqué selon une voie réglementaire appropriée, fondée sur une technologie de recyclage adaptée ou sur une technologie nouvelle en cours de développement. L’EFSA évalue les procédés et technologies de recyclage concernés, tandis que la Commission européenne et les États membres de l’UE sont responsables des décisions d’autorisation réglementaire.
Le cadre existant met déjà fortement l’accent sur :
l’origine et la qualité de l’intrant plastique ;
les contrôles de collecte, de tri et de prétraitement ;
les performances de décontamination ;
l’exploitation des installations de recyclage dans des conditions définies ;
l’assurance qualité, les bonnes pratiques de fabrication et la traçabilité ; et
la documentation justificative de la conformité.
Les orientations de la Commission européenne sur le recyclage des plastiques pour les applications au contact des denrées alimentaires expliquent que des contaminants chimiques peuvent provenir d’une utilisation antérieure, d’un mauvais usage ou d’une contamination croisée lors de la collecte des déchets. L’identité et les concentrations de ces contaminants pouvant être imprévisibles, les contrôles des matières premières et du procédé sont essentiels.
Le nouvel avis de l’EFSA renforce ce principe de conformité existant : la sécurité chimique ne peut pas être démontrée en vérifiant uniquement le type de polymère ou le pourcentage de contenu recyclé.
Actions prioritaires pour les recycleurs et les fournisseurs de matériaux au contact des denrées alimentaires
1. Cartographier et contrôler le flux de recyclage
Les entreprises devraient documenter l’origine des matières premières recyclées, la manière dont elles ont été collectées et triées, et déterminer si des déchets non destinés au contact des denrées alimentaires pourraient entrer dans le flux. Les contrôles devraient porter spécifiquement sur les déchets électroniques, les plastiques automobiles et les plastiques techniques ignifugés lorsque ces sources sont pertinentes.
2. Renforcer les éléments justificatifs fournis par les fournisseurs et la traçabilité
Les spécifications applicables aux fournisseurs devraient définir les matériaux d’entrée acceptables, les flux de déchets exclus, les critères de pureté des polymères et les mesures de contrôle de la contamination. Les documents justificatifs devraient permettre de retracer les lots concernés jusqu’à leurs sources matérielles et à leurs conditions de traitement.
3. Appliquer une stratégie de contrôle fondée sur les risques
Lorsque la source du matériau ou l’historique de tri indique un risque potentiel lié aux BFR, les entreprises peuvent envisager une stratégie analytique à plusieurs niveaux. Le dépistage du brome total peut servir d’indicateur initial, suivi, lorsque cela est justifié, d’une confirmation ciblée au moyen de méthodes telles que la GC-MS ou la LC-MS/MS.
Les résultats du dépistage devraient être interprétés dans le contexte du matériau, de l’utilisation prévue au contact des denrées alimentaires et des exigences réglementaires applicables. Un résultat relatif au brome total n’identifie pas un BFR individuel, tandis que la détection d’une substance n’établit pas à elle seule sa migration dans les aliments.
4. Maintenir séparées l’évaluation de la contamination et la validation du procédé
Le dépistage ciblé des contaminants et les essais de mise à l’épreuve du procédé de recyclage répondent à des questions de conformité différentes. Le dépistage des contaminants vise à rechercher la présence éventuelle de substances spécifiques, tandis que les essais de mise à l’épreuve évaluent l’efficacité de décontamination d’un procédé de recyclage dans des conditions définies.
Aucune de ces activités ne devrait être considérée comme un substitut au contrôle des matières premières, à la gestion du procédé ou à un dossier complet de preuves de conformité.
5. Suivre les évolutions de l’EFSA et de la gestion des risques dans l’UE
L’avis recense d’importantes lacunes dans les données relatives à la présence dans les aliments, à l’exposition et à la toxicologie. Les recycleurs, les fournisseurs de matériaux au contact des denrées alimentaires et les utilisateurs en aval devraient surveiller si les recommandations de l’EFSA entraînent des programmes de surveillance supplémentaires, des appels à données ou des mesures ultérieures de gestion des risques au niveau de l’UE.
Comment REACH24H peut accompagner la mise en conformité des matériaux au contact des denrées alimentaires en plastique recyclé
Les entreprises qui fabriquent, fournissent ou utilisent des plastiques recyclés pour des applications au contact des denrées alimentaires peuvent devoir intégrer les contrôles des matières premières, les preuves de décontamination, la planification analytique et la documentation réglementaire dans une stratégie de conformité unique.
REACH24H peut accompagner les entreprises dans les domaines suivants :
évaluation de la conformité réglementaire préalable à la demande ;
préparation et coordination des demandes d’évaluation de la sécurité des procédés de recyclage auprès de l’EFSA ;
élaboration de stratégies d’essais de mise à l’épreuve et supervision des études ; et
communication réglementaire et veille réglementaire continue au niveau de l’UE.
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Conformité des matériaux au contact des denrées alimentaires et des plastiques recyclés
Sources officielles

Rédigé par
REACH24H FCM Compliance Team
REACH24H
L’équipe de REACH24H chargée des matériaux au contact des aliments (FCM) est spécialisée dans la conformité réglementaire mondiale des matériaux au contact des aliments et des matériaux recyclés. Couvrant des marchés tels que la Chine, les États-Unis, l’UE, le Canada et le MERCOSUR, nous disposons de plus de 10 ans d’expérience éprouvée dans les demandes relatives aux nouvelles substances et d’une connaissance approfondie des exigences propres à chaque catégorie. Nos services couvrent l’ensemble du cycle de vie des produits, des matières premières, des demandes relatives aux nouveaux ingrédients et des produits intermédiaires jusqu’à la conformité du produit fini.
