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Produits chimiques industriels

Constats des contrôles PCN de l’ECHA et obligations des distributeurs en 2027

Mis à jour le

MISE À JOUR DU RÈGLEMENT CLP DE L’UE

Le Forum de contrôle de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a précédemment publié un rapport sur son projet pilote de contrôle des notifications aux centres antipoison. Cette action de contrôle couvrait 18 États membres de l’EU/EEA.

Entre janvier et juin 2025, les autorités de contrôle ont inspecté au total 1 597 mélanges dangereux. Parmi les mélanges soumis à notification obligatoire lors d’inspections aléatoires, 19% n’avaient pas été notifiés et 15% ne portaient pas l’identifiant unique de formulation (UFI) requis sur leur étiquette.

L’ECHA a souligné que ces infractions compromettront directement la capacité des centres antipoison nationaux à répondre aux urgences lors d’accidents chimiques.

Ces constats concernent particulièrement les distributeurs qui se préparent au 1er janvier 2027, date à laquelle le règlement CLP révisé étendra explicitement les obligations de notification prévues à l’article 45 aux distributeurs dans certaines circonstances. Les entreprises qui distribuent des mélanges dans plusieurs États membres et les commercialisent sous une autre marque ou les réétiquettent devraient vérifier si les notifications existantes couvrent les produits et marchés concernés.

Contexte : règlement CLP de l’UE et exigences de notification PCN

Conformément à l’article 45 et à l’annexe VIII du règlement CLP de l’UE, les importateurs et les utilisateurs en aval qui mettent sur le marché de l’UE des mélanges classés comme présentant des dangers pour la santé ou des dangers physiques doivent transmettre les informations nécessaires aux organismes nationaux désignés compétents, sauf s’ils bénéficient d’une exemption.

L’UFI est un code alphanumérique de 16 caractères qui relie le produit aux informations notifiées sur le mélange. Il figure généralement sur l’étiquette du produit ou sur son emballage intérieur. Selon l’annexe VIII, l’UFI doit être indiqué à la section 1.1 de la SDS dans certains cas, notamment pour les mélanges destinés à être utilisés sur des sites industriels et les mélanges non emballés. Toutefois, la seule génération d’un UFI ne suffit pas à remplir l’obligation de notification.

Le Forum de contrôle de l’ECHA a lancé ce projet pilote au premier semestre 2025 afin d’évaluer le respect des règles susmentionnées par l’industrie, en vérifiant notamment la cohérence de l’UFI entre les étiquettes, les fiches de données de sécurité (SDS) et les dossiers de notification.

Les produits inspectés couvraient les utilisations par les consommateurs (83%), les utilisations professionnelles (39%) et industrielles (18%) ; 71% provenaient de petites et moyennes entreprises (PME).

Types d’utilisation des mélanges inspectés : consommateurs 83%, professionnelle 39%, industrielle 18%
Taux de conformité : PME 59% et grandes entreprises 58%

Principales infractions PCN et lacunes de conformité

Le rapport de contrôle a identifié plusieurs problèmes majeurs de conformité PCN :

Type de non-conformitéMélanges contrôlésNon conformesTaux
PCN non soumise alors qu’elle était requise1 43227619%
Notification incohérente avec la SDS1 27222117%
Notification incohérente avec l’étiquette1 27215913%
UFI absent de l’étiquette alors qu’il était requis1 20317815%
UFI absent de la SDS alors qu’il était requis12325%
UFI non valide1 34721Environ 2%

Les dénominateurs diffèrent selon le contrôle. En particulier, le chiffre de 25% concernant les SDS ne représente que trois des 12 mélanges pour lesquels l’indication d’un UFI dans la SDS était requise. Ces résultats d’inspection ne devraient pas servir à estimer la non-conformité sur l’ensemble du marché EU/EEA.

Taux élevé d’absence de notification : parmi les mélanges à notifier au titre du règlement CLP, 19% n’avaient fait l’objet d’aucune notification PCN. Les données ont montré que les utilisateurs en aval constituaient non seulement le plus grand groupe de notifiants (44%), mais aussi le groupe présentant la plus forte incidence de non-respect des obligations de notification (28% des cas d’infraction).

Soumission PCN : 19% non soumises alors qu’elles étaient requises et 81% soumises

Conformité insuffisante des étiquettes et SDS : lorsque l’UFI figurait sur l’étiquette, la grande majorité des cas (97%) respectaient les exigences d’emplacement et de format ; toutefois, l’absence totale d’UFI restait l’une des principales infractions.

Tableau du rapport de l’ECHA présentant les constats de non-conformité et les dénominateurs des inspections

Cohérence des informations discutable : dans 13% des cas, les informations figurant sur l’étiquette du produit, telles que les noms commerciaux, les pictogrammes et les mentions d’avertissement, différaient de la notification. Dans 17% des cas, la SDS contredisait les informations notifiées.

Les écarts signalés dans les SDS concernaient principalement la composition (63%) et les informations toxicologiques (33%). Ces constats soulignent la nécessité d’un contrôle des versions plus rigoureux entre les dossiers de notification, les SDS et les étiquettes.

Taille de l’entreprise et taux de conformité : les performances des PME et des grandes entreprises en matière de conformité différaient peu, avec des taux allant de 58% à 59%. Cela indique que les entreprises de toutes tailles rencontrent des difficultés dans la gestion de la conformité PCN.

Mesures de contrôle prises par les États membres

Face aux infractions constatées lors des inspections, les autorités compétentes de différents États membres ont pris diverses mesures. La plus fréquente était le conseil écrit, avec 447 mesures de ce type prises pour 656 cas de non-conformité, soit 68%. Les autres mesures comprenaient des conseils oraux (15%), des injonctions administratives (11%), des amendes (5%) ainsi que des plaintes pénales ou des saisines du procureur (4%). Plusieurs mesures pouvaient être enregistrées pour un même cas.

Mesures de contrôle pour 656 cas de non-conformité ; plusieurs mesures possibles

Conséquences du projet pilote de contrôle PCN de l’ECHA pour les entreprises

La dernière période transitoire de l’annexe VIII a pris fin le 1er janvier 2025. Tout mélange relevant du champ d’application qui continue à être mis sur le marché, y compris les stocks fournis par les distributeurs, doit respecter les exigences applicables de notification et d’UFI. Les dispositions relatives aux distributeurs pour 2027 n’accordent pas de période transitoire supplémentaire aux produits déjà non conformes.

Le rapport a également relevé des lacunes nécessitant une intervention des distributeurs dans plus d’un tiers des cas où une couverture effective par une notification faisait défaut. Vérifier qu’un UFI est imprimé sur le produit n’est donc que la première étape : la notification doit aussi couvrir l’identité du produit concerné et le marché de destination.

Obligations PCN des distributeurs à compter du 1er janvier 2027

Le règlement (EU) 2024/2865 introduit l’article 45(1c), qui vise explicitement les distributeurs de mélanges classés comme dangereux en raison de leurs effets sur la santé ou de leurs effets physiques. Les dispositions concernées s’appliqueront à compter du 1er janvier 2027. Le report de certaines exigences CLP à 2028 ne modifie pas cette date PCN. Voir le règlement consolidé, article 1(24)(b) et article 2(3).

L’obligation est déclenchée lorsqu’un distributeur fournit les mélanges dans d’autres États membres, les commercialise sous une autre marque ou les réétiquette. Toutefois, une notification distincte n’est pas requise si le distributeur peut démontrer que les organismes désignés compétents ont déjà reçu les informations nécessaires des importateurs ou des utilisateurs en aval.

Distribution transfrontalière

Avant d’approvisionner un nouvel État membre, vérifiez si la notification existante couvre ce pays et le produit tel qu’il est vendu. Une notification effectuée pour un marché ne couvre pas automatiquement tous les États membres de l’UE.

Changement de marque et réétiquetage

Pour les produits sous marque de distributeur ou les modifications du nom commercial ou de l’étiquette, assurez-vous que la notification comprend les identifiants et informations sur le produit requis. Une formulation inchangée ne prouve pas, à elle seule, qu’un produit vendu sous un nouveau nom est couvert.

Deux façons de combler une lacune de notification

Travaillez avec le notifiant en amont. Demandez à l’importateur ou à l’utilisateur en aval d’étendre ou de mettre à jour sa notification afin d’inclure les marchés supplémentaires, les noms commerciaux et les informations UFI pertinentes. Obtenez des preuves que les informations requises sont parvenues aux organismes désignés compétents.

Soumettez les informations requises. Si une couverture suffisante en amont ne peut pas être démontrée, le distributeur doit organiser sa propre notification conformément à l’annexe VIII. Cela nécessite des informations suffisantes sur la composition, les dangers, le produit et les utilisations ; un code UFI seul ne constitue pas un dossier complet.

La qualification du rôle est également importante. Une entreprise qui transfère un mélange dans un autre contenant en tant que reconditionneur ou remplisseur est un utilisateur en aval ayant des responsabilités directes de notification, et non un simple distributeur. Ces obligations ne devraient pas être reportées à 2027.

Recommandations de conformité de REACH24H

Compte tenu des résultats de ce projet pilote et des prochaines dispositions relatives aux distributeurs, il est conseillé aux importateurs, aux utilisateurs en aval et aux distributeurs de prendre les mesures suivantes :

1. Vérifier la notification et la couverture des marchés

Les importateurs et les utilisateurs en aval devraient vérifier immédiatement le statut de notification PCN de tous les mélanges dangereux en vente relevant du champ d’application afin d’éviter toute omission. En particulier, pour les produits mis sur le marché avant 2025, confirmez le respect des exigences applicables de l’annexe VIII.

Les distributeurs et détaillants devraient consigner, pour chaque produit, y compris les stocks existants, le fournisseur, le nom commercial, l’UFI et les pays de vente. Accordez la priorité aux produits fournis au-delà des frontières et à ceux vendus sous marque de distributeur.

2. Maintenir la cohérence des dossiers PCN, des SDS et des étiquettes

Mettez en place des mécanismes d’audit interne afin de garantir une stricte cohérence et une mise à jour en temps utile des informations, notamment les noms commerciaux, les détails de composition, la classification des dangers et les informations toxicologiques, entre les dossiers de notification PCN, les SDS et les étiquettes.

Évaluez toute modification de la formulation, de la classification, des informations toxicologiques ou des propriétés physiques pertinentes, y compris le pH, au regard des critères actualisés de l’annexe VIII. Coordonnez les mises à jour nécessaires des notifications, des SDS et des étiquettes avant la mise sur le marché du produit concerné.

3. Renforcer les accords avec les fournisseurs et conserver les preuves

Importateurs : concluez des accords commerciaux clairs avec les fournisseurs hors UE afin de garantir l’accès à des informations de formulation suffisantes pour les notifications. Vous pouvez aussi organiser des soumissions volontaires appropriées par l’intermédiaire d’entités établies dans l’UE. Ces dispositifs doivent soutenir le respect des obligations propres à l’importateur et ne transfèrent pas automatiquement sa responsabilité juridique.

Distributeurs : demandez les rapports de soumission pertinents ainsi que des confirmations des marchés, noms commerciaux et UFI notifiés. Convenez de la personne chargée de mettre à jour la notification en cas de changement du marché de destination ou de l’identité du produit. Des preuves liées au produit réel et au pays de vente sont plus utiles qu’une déclaration générique selon laquelle un produit est « conforme aux exigences PCN ».

4. Gérer l’UFI tout au long du cycle de vie du produit

Examinez les modifications de formulation au regard des critères de l’annexe VIII afin de déterminer si un nouvel UFI et une notification actualisée sont nécessaires. Ne présumez ni que toute modification administrative exige un nouveau code, ni qu’un code existant reste approprié après une modification de la composition du mélange.

Les entreprises qui se préparent à 2027 devraient combler les lacunes existantes dès maintenant et documenter la manière dont les changements futurs seront communiqués dans la chaîne d’approvisionnement. Les guides et ressources de formation de l’ECHA peuvent aider les équipes à comprendre leurs rôles et à préparer les informations nécessaires.

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REACH24H Chemicals Compliance Team

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